On rêve de gloire et d'ascension, on voltige, retombe puis touche le fond, on se relève plus fort que jamais et on vole plus haut, on touche le ciel de nos ailes et on retombe dans les bras du mortel qui nous lâche, nous brise, nous assassine
On respire le souffle du mortel on vit de ses faits et gestes, se nourrissant de ses restes, on sourit a sa violence et s'incline devant son silence, pourvue qu'on le voit, on touche le fond. :
Le fond est noir tout comme la couleur de ma peau, le fond est lugubre tout comme le plus profond de ses yeux, le fond ne me répond pas et mes mots ne sortent plus, le fond ne me réclame pas mais j'appelle le fond, le fond ne m'aime pas, le fond ne me veux pas, mais je désir le fond, le fond ne me contemple pas, je me jette et je touche le fond.
On ressort indignes, des secrets pleins les poches, on achète le silence des bites qu'on a dans la bouche, de la poudre sous l'oreiller et une sèche pour oublier, on touche le fond.
On ressort la tête blanche comme la poudre de nos vingt ans, on revoit le noir qui nous avait tant maqué, et on s'abandonne à lui. On vole une dernière fois, revoyant le mortel qui nous a achevé, le dû
Qu'on a accumulé et on touche le fond, on s'y allonge et on y reste, désormais on y appartient.
L'inconnu nous effraie, nous terrifie, nous horrifie alors qu'on est que des simples passagers , on propose et l'eternel dispose. On explore quitte et redécouvre.
Quand a moi, je quitte le fond même si la balle est dans mon camp.

